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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 17:52
Des baguettes de bambou sèchent sur les bords des champs et des routes...
Liées ensuite en gerbes vivement colorées, elles attendent d'être enduites de pâte odorante, puis assemblées par paquets de dix, vingt, cinquante... et sont proposées à la vente un peu partout.
Incorporer directement le parfum à la pâte est un travail plus délicat que le vaporiser sur les bâtonnets en fin de préparation, mais le parfum exhalé au moment de la combustion est de bien meilleure qualité.
Se consumant dans les temples, l'encens auréole les colonnes et les statues d'une fumée bleutée...



Originellement, l'encens est la résine qui coule des entailles faites dans le tronc d'un arbuste : le boswellia.
Cette résine est broyée très finement puis mélangée à un support combustible de manière à se consumer plus ou moins lentement. Le support combustible qui est utilisé est fonction des ressources locales : sciure de bois, charbon de bois, plantes séchées et réduites en poudre...
Taille et forme des encens sont très variées : baguettes plus ou moins épaisses à planter dans la cendre contenue dans les grandes urnes des temples, serpentins plus ou moins grands à suspendre au plafond (certains mettent une semaine à se consumer) , clous fumants de forme conique à déposer sur l'autel... 




la symbolique de l'encens 

La valeur symbolique de l'encens est présente dans toutes les religions.
Depuis l'Arabie, les caravanes l'acheminaient jusqu'en Egypte où les prêtres l'utilisaient lors des cérémonies.
Les Aztèques, les Mayas... le faisaient brûler sur des galettes de maïs qu'ils portaient en offrande aux Dieux.
La Reine de Saba, lorsqu'elle partit à la rencontre du Roi Salomon, emporta une grande quantité d'encens dans ses présents
Lors de la traversée du désert, les Hébreux le brûlaient quotidiennement dans le tabernacle, au coucher du soleil
Il était présent dans toute la culture méditerranéenne et faisait partie des commerces d'Oman
Dans la religion catholique, il était, avec l'or et la myrrhe un présent des Rois Mages à Jésus
Dans le Cantique des Cantiques, les seins de la bien-aimée sont nommés l'un "
colline de l'encens" et l'autre "mont de la myrrhe"
... 

Au Vietnam, il n'est pas envisageable d'entrer dans une pagode sans y brûler de l'encens. Selon les circonstances, on en brûle tout un paquet, ou quelques bâtonnets seulement, mais toujours en nombre impair (sauf s'il s'agit d'une offrande mortuaire), les nombres pairs étant maléfiques.
Après avoir allumé l'encens, les fidèles se recueillent quelques instants devant l'autel puis s'inclinent respectueusement avant de planter les bâtonnets dans une urne emplie de cendres.
La fumée bleutée qui se dégage des bâtonnets et des serpentins, et le parfum qui imprègne les lieux nous entr'ouvrent les portes d'un autre monde. En s'élevant, elle établit le lien entre la terre et le ciel et emporte les prières jusqu'aux ancêtres et aux Dieux. L'encens purifie et sanctifie en associant l'humain aux Dieux, le fini à l'infini, le mortel à l'immortel. 

      

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Published by chicha - dans vietnam
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