
A 130 km de Hué, la charmante cité de Hoi An, située à 5 km de la mer, était au XVème siècle un important port du royaume de Champa.
Hollandais, Portugais, Britanniques, Français, Japonais, Chinois... venaient y acheter la soie, la porcelaine, le thé, la laque...
Mais peu à peu, la Thu Bon, la rivière qui reliait Hoi An à la mer, s'ensabla et il fallut construire un autre port : Danang. La petite ville tomba dans l'oubli. Ce qui la préserva des bombardements contrairement à Danang, devenu une base aéronavale américaine depuis 1965.
Aujourd'hui, Hoi An ressemble à un musée à ciel ouvert avec ses temples, ses ponts, ses jolies maisons de notables...
Autrefois, toutes les maisons étaient construites en bois, décorées de planches laquées et de panneaux avec des inscriptions chinoises. Les piliers, eux aussi, étaient sculptés ou décorés. Par endroits, cette architecture est demeurée intacte (l'Unesco a recensé 850 bâtiments d'intérêt historique) et la promenade dans les ruelles étroites (piétonnes, il faut le souligner !) est un ravissement pour les yeux.
Cau Nhat Ban, le pont couvert japonais
Construit à la fin du XVIème siècle, il reliait les deux quartiers distincts qu'étaient le quartier chinois et le japonais. Large de 3 m et long de 18 m, il est en forme d'arc et a la particularité d'être couvert afin de protéger les passants aussi bien de la pluie que du soleil. A ses extrêmités, des statues (deux singes du côté chinois et deux chiens du côté japonais) rappellent ses dates de construction : de 1593 à 1595.
La maison Tan Ky

Au milieu du pont, coiffée de tuiles jaunes et vertes, se trouve une pagode bâtie en 1793, toujours habitée mais transformée aujourd'hui en maison artisanale et spécialisée dans les ouvrages de broderie.
Elle est admirablement conservée et offre un mélange réussi de styles : l'autel des ancêtres (vietnamien), le plafond légèrement sphérique du salon (japonais), la cour (chinoise), les piliers en bois de jacquier gravés de poèmes calligraphiés en incrustations de nacre, les meubles de bois sombre sculptés.
Le maître des lieux parle le français et réserve aux visiteurs un accueil des plus agréables.
Chua Phuoc Kien, le temple des Chinois
Construit en 1792, il est consacré à Thien Hau, la déesse protectrice des pêcheurs et des marins.
l a rue Tran Phu
Dans le quartier piéton, nous faisons une halte dans un petit restaurant : le Hoàng Hà. C'est un ancien copain d'école de notre ami Xuong qui en est le patron et nous dégustons ensemble un délicieux bol de pho et des gâteaux à la banane.
Dans le quartier piéton, les boutiques offrent les produits les plus divers. C'est là que nous avons acheté des bouteilles de ce produit-miracle pour les maux de dos (?!) : un serpent (petit naja, je crois) qui macère dans de l'alcool avec quelques herbes mystérieuses. "Il ne faut surtout pas en boire plus d'un très petit verre, le soir, en cas de crise" nous recommande Xuong. Le bocal est toujours intact, chez moi, sur une étagère....
