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Accueillir chaque voyage, dépouillée de toutes certitudes, pour vivre au plus près chaque instant et essayer de prolonger le lien par l'image et l'écriture.

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la mémoire des embruns - Karen Viggers

la mémoire des embruns - Karen Viggers
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« Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare… elle veut trouver la paix avant de mourir… Une femme au crépuscule de sa vie… Une histoire d’amour, de perte et non-dits sur fond de nature sauvage et mystérieuse »

 

Dès le début du roman, la visite d’un homme surgi du passé pour confier à Mary une lettre qu’il la charge de remettre à… ?… nous apprend qu’elle est détentrice d’un ancien secret.

Ce geste  bouleverse la vie de Mary et, au crépuscule de sa vie, elle décide, avec la complicité de sa petite fille, de s’installer seule dans un chalet isolé de l’île de Bruny pour se replonger dans soixante dix ans de souvenirs et de secrets. C’est dans ce lieu  sauvage,  balayé par les bourrasques  furieuses des tempêtes et le fracassement des vagues sur les falaises que s’est écrite sa vie et qu’elle a essayé d’enfouir son secret. Ce secret que l’on devine au fil des pages… 

Les chapitres alternent entre le quotidien de Mary, femme fragile et seule  torturée par le déclin de son corps souffrant et celui de Tom, son plus jeune fils qui, après avoir passé des mois dans une station scientifique sur la banquise de l’Antarctique tente de rééquilibrer sa vie bancale. Tous les deux sont en quête de sérénité : Mary veut choisir les conditions de sa mort  et Tom peine à trouver à quoi  raccrocher sa vie.

J’ai beaucoup aimé ce livre à l’écriture simple, belle et sincère. Tous les personnages sont attachants et dépeints avec finesse et la nature décrite avec force est extrêmement présente.

Selon les pages, on peut aussi bien s’identifier à Mary qu’à Tom. La nature est  sauvage et indomptée, les personnages nous renvoient à la difficulté de construire sa vie et pourtant, lorsque j’ai refermé ce livre, il ne m’en est resté ni angoisse ni mal-être mais plutôt un sentiment de tendresse apaisée.

 

« du haut de son grand âge, elle distinguait la maille qui avait sauté dans le tricot de leur vie commune. Elle avait mis des années à comprendre que, si on ne les prononce pas à point nommé, les mots s’effacent pour toujours. Quand elle avait commencé à discerner ce qui n’allait pas, le fil avait rompu. Le vent l’avait emporté et tout ce qui restait, c’était du vide ».

 

 

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