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Accueillir chaque voyage, dépouillée de toutes certitudes, pour vivre au plus près chaque instant et essayer de prolonger le lien par l'image et l'écriture.

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les perroquets de la place d'Arezzo

 

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Sans être une inconditionnelle de son style, j'avais bien aimé les récits du Cycle de l'Invisible de Eric-Emmanuel Schmitt qui étaient de petites oeuvres instructives et poétiques. Oscar et la dame en rose sur le christianisme, Milarepa, sur le bouddhisme, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, sur le soufisme...

J'étais donc contente de recevoir en cadeau Les perroquets de la place d'Arezzo.

Le titre à lui seul me promettait un voyage en Italie et cela me plaisait...

730 pages ! Présentées par les éditions Albin-Michel comme "une encyclopédie des désirs, des sentiments et des plaisirs, le roman des comportements amoureux de notre temps."

Mon excitation est très vite tombée !

Arezzo n'est absolument pas en Italie ; c'est une place d'un quartier huppé de Bruxelles dans les arbres de laquelle une colonie de perroquets a élu domicile depuis plusieurs années.

Et ce "roman des comportements amoureux de notre temps" est bien partiel et décevant.

Chacun des personnages du roman (une bonne dizaine) va recevoir la même lettre anonyme ( "ce mot simplement pour te signaler que je t'aime. Signé : tu sais qui.") et va commencer à fantasmer sur son expéditeur (trice).

Tous sont, évidemment, préoccupés de leur vie sexuelle mais, sous la plume d'Eric-Emmanuel Schmitt, ils ne sont que des clichés : deux adolescents amoureux et gauches (que l'on imagine boutonneux), un couple de gays, une mannequin stérile, un jeune Apollon atteint du sida, un banquier père de famille et amateur de jeunes hommes, un économiste clone de DSK (il y a même la femme de ménage contrainte à lui faire une fellation), un écrivain célèbre, un galeriste éjaculateur précoce, un jardinier romantique etc... Tout ce petit monde baise à 2, à 3, en club échangiste...

Certes, tout cela aurait pu donner naissance à un roman érotique ou un peu dérangeant que l'on pourrait d'ailleurs - ou non - apprécier ! Même pas ! Eric-Emmanuel Schmitt reste toujours en-deçà, dans une pudibonderie bien-pensante, dans une appréhension superficielle des personnages, sans émotion.

Je me suis ennuyée à la lecture de ce roman et pourtant, stoïquement, je suis allée au bout de ces 730 pages ! D'abord parce que j'attendais que quelque chose d'intéressant arrive... Puis, arrivée à la moitié du livre, parce que je me suis dit que je n'étais pas allée aussi loin pour abandonner en route... (Je suis entêtée !) Mais c'est avec un certain soulagement que j'ai tourné la dernière page.

J'ai entendu dire que, outre les récits que j'ai lus de lui, Eric-Emmanuel Schmitt a écrit d'autres romans ou essais intéressants... Alors peut-être est-il trop prolixe...

Peut-être avec Les perroquets de la place d'Arezzo a-t-il sacrifié au commercial... Dommage !

 

 

 

 

 

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