Accueillir chaque voyage, dépouillée de toutes certitudes, pour vivre au plus près chaque instant et essayer de prolonger le lien par l'image et l'écriture.
Par chicha
De Jean-Paul Dubois, j'avais beaucoup aimé Vous plaisantez Monsieur Tanner et beaucoup moins Les poissons me regardent.
Mais j'ai de nouveau éprouvé du plaisir à lire Les accommodements raisonnables.
Le roman commence sur une cérémonie burlesque d'enterrement : Charles Stern, dragueur, frimeur, richissime, vénal, meurt en laissant toute sa fortune à son frère Alexandre, veuf, modeste et étriqué, qui a toujours vécu aux antipodes de son frère.
Paul, le neveu du mort et narrateur, est un scénariste toulousain qui mène une vie routinière, fissurée et ennuyeuse auprès d'une femme neurasthénique, Anna. Il accepte un poste de Script doctor à Hollywood alors que sa femme demande un internement volontaire.
Il va y vivre une année et rencontrer Selma, sosie d'Anna avec une vingtaine d'années en moins. C'est de là que Paul va nous parler de tous ces petits arrangements sournois et lâches, ces compromissions que nous concluons pour fuir notre propre image : lui-même qui quitte une vie dénuée de sens pour une autre, à Hollywood, qui n'en a pas davantage, et une femme dépressive pour son reflet, Alexandre qui renonce à son passé pour mener une vie de nouveau riche narcissique qu'il a toujours critiquée et épouser la femme de son frère, Anna qui se réfugie dans le sommeil pour ne pas avoir à affronter la vie...
C'est depuis Hollywood, temple de l'apparence et de la supercherie formidablement dépeint, que Jean-Paul Dubois nous parle, dans une écriture fluide, humoristique, de ces illusions dans lesquelles nous nous réfugions pour ne pas assumer les responsabilités de notre existence. Avec en arrière-plan, et ce ne sont pas les passages les moins sarcastiques, les élections présidentielles de 2007.
Un bon roman !
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