Accueillir chaque voyage, dépouillée de toutes certitudes, pour vivre au plus près chaque instant et essayer de prolonger le lien par l'image et l'écriture.
Oui. J'y suis allée.
Amma passe au zénith de Toulon du 31 octobre au 2 novembre 2012.
J'ai déjà parlé de cette femme Amma qui, par ses nombreuses actions humanitaires, suscite mon respect.
Je n'étais pas véritablement décidée à aller la voir mais la récente polémique qui a agité mes amis couchsurfers (pour/contre) m'a convaincue d'en savoir un peu plus sur cette femme.
Je savais qu'il faut faire preuve de beaucoup de patience pour l'approcher, donc, ce matin à 8 h 15, j'ai pris le bus pour aller jusqu'au Zénith, malgré vent et pluie battante qui, habituellement, me dissuadent de mettre le nez dehors.
C'est peu dire que l'attente est longue.
J'ai pris ma place dans la queue pour obtenir mon "ticket de passage" devant Amma : P-4. Autour de moi, une faune incroyablement diverse : des babas cool, des routards comme ceux que l'on rencontre en Inde, des couples de classe sociale aisée... des enfants (beaucoup d'enfants), des jeunes, des adultes, des vieux... En un mot, des gens normaux.
A 11 onze heures, Amma a fait son entrée dans la salle et, quelques instants plus tard, tout le monde a participé à une séance de méditation qui a, je pense, duré une quinzaine de minutes. 1 500 personnes méditant dans un silence ponctué de quelques conseils de respiration... Même les enfants étaient silencieux... Impressionnant.
La cérémonie des étreinte a ensuite commencé. J'ai vite compris que le numéro de passage qui était le mien impliquait que j'attendrais encore... assez longtemps.
Je suis allée faire un tour dans les locaux hésitant un peu à attendre le moment de mon étreinte lorsque, par un panneau, j'ai appris qu'il manquait des bénévoles en cuisine. Je me suis donc présentée et, pendant 2 h 1/2, j'ai confectionné d'immenses tartes aux oignons, aux épinards, aux courgettes, à la ratatouille... Des dizaines de bénévoles qui travaillent calmement dans une organisation bon enfant mais impeccable.
Et finalement, j'ai atterri dans les bras d'Amma à 18 heures. Pour voir.
Cette femme est emplie d'amour et elle vous le transmet en vous serrant simplement quelques secondes dans ses bras. Et j'ai quitté le Zénith émue.
Alors le bilan de cette journée ?
Apparemment, quelques dévots inconditionnels, évidemment, mais ils constituent une très petite minorité. Des ventes de babioles ? Oui, mais il n'y a pas d'incitations à la consommation et ces ventes financent les actions humanitaires - très nombreuses - de l'ONG d'Amma. Une organisation parfaite parce que chacun essaie de trouver sa place dans la sérénité. C'est un peu une grande kermesse totalement dénuée de stress et d'agressivité.
Et au milieu de tout ça, une femme qui suscite le respect et ne parle que d'amour.
Je suis rentrée chez moi complètement trempée parce que la pluie n'avait pas cessé de la journée, un peu lasse, mais avec un sentiment de satisfaction, de plénitude et de désir de plus de fraternité.