Accueillir chaque voyage, dépouillée de toutes certitudes, pour vivre au plus près chaque instant et essayer de prolonger le lien par l'image et l'écriture.
Par chicha
Ce matin, j'ai emprunté le vélo de la guesthouse pour aller jusqu'au village de pêcheurs, au-delà de l'avenue Goubert.
J'étais un peu sur mes gardes car l'une des "pensionnaires" de la guest m'avait dit "méfie-toi, ils ne sont pas très aimables". Mais je n'ai rencontré aucune agressivité. Au contraire.
C'est dimanche aujourd'hui, ils sont donc nombreux dans les rues et je me suis appliquée à activer la sonnette du vélo pour ne surtout renverser personne et à éviter soigneusement les filets parfois posés devant les maisons. J'aurais pourtant volontiers roulé plus vite pour ne pas m'attarder dans la puanteur car, par endroits, le canal est un véritable égoût à ciel ouvert.
Je gare le vélo au bout du village et je m'avance vers un petit groupe d'enfants qui jouent par terre. J'ai apporté un sachet de ballons gonflables et j'ai, bien sûr, beaucoup de succès. Ils accourent tous. C'est gagné et je peux m'approcher des adultes.
Chacun, petit ou grand veut que je le prenne en photo et, entre l'anglais et les mimiques, nous réussissons à échanger un peu.
C'est un quartier miséreux et sale mais plusieurs me demandent, fièrement, de photographier sa maison et certains m'invitent même à y pénétrer. Je note quelques adresses pour leur envoyer les photos à mon retour en France.
Lorsque certains gamins me réclament des roupies, je refuse catégoriquement et ils n'insistent pas du tout. Mais je me promets de revenir demain avec d'autres ballons et des bonbons et je ne rentre à la guesthouse qu'en fin de matinée.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog