Accueillir chaque voyage, dépouillée de toutes certitudes, pour vivre au plus près chaque instant et essayer de prolonger le lien par l'image et l'écriture.
Par chicha
Des arbres en fleurs dans un parc, de grosses bulles irisées qui s'envolent lourdement et une chanson des Magnetic Fields dont les paroles ("tu es un splendide papillon, ce sont tes ailes qui te rendent magnifique...") marquent le début d'un voyage qui va nous entraîner au pays de la mélancolie.
Antoine (Gustave Kerven) musicien déprimé se réfugie dans un emploi de gardien d'immeuble sur les conseils de Pole emploi. Il va côtoyer Mathilde (Catherine Deneuve toujours sublime) jeune retraitée paniquée par les fissures sur le mur de son salon, Serge (Feodor Atkine) mari désemparé par la folie de Mathilde, Stéphane cocaïnomane collectionneur de vélos, Lev membre inquiétant d'une secte, etc.
La dépression d'Antoine qui s'enfonce dans une profonde lassitude et l'insomnie anxieuse de Mathilde qui glisse dans la folie vont rapprocher ces deux êtres fragiles et tendres non pas dans une relation sexuelle ni même amoureuse - ils n'ont pas assez d'énergie pour cela - mais dans une entr'aide fraternelle et bienveillante. Qui pourrait sauver l'autre ?
Ces inadaptés de la vie sont-ils vraiment plus névrosés que les autres habitants de l'immeuble ? Que chacun de nous ? N'est ce pas leur extrême sensibilité qui en fait des border lines ?
Catherine Deneuve et Gustave Kerven sont absolument parfaits dans ces rôles de personnages déjantés et Pierre Salvadori a réalisé là un très beau film. Emouvant, tendre, parfois drôle et loufoque malgré les désespérances. Un petit bijou.
Catherine Deneuve reste pour moi l'inégalable du cinéma français
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