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Scott Fitzgerald et Zelda !... Couple mythique d'amants terribles que cet écrivain dont on ne connaît généralement que Gatsby le magnifique et Tendre est la nuit et son épouse Zelda, rebelle psychologiquement fragile.
En 1920, Fitzgerald publie son premier roman, l'envers du paradis, et connaît aussitôt le succès. C'est alors qu'il épouse Zelda, jolie jeune fille fantasque et capricieuse qui veut fuir l'Alabama ce "cimetierre des ambitions".
Très vite, le couple est projeté sous les flashs de la célébrité, des mondanités et du luxe et devient le symbole de la jeunesse dorée et libérée des années Jazz. Ils écument les soirées mondaines de New York à Paris, en passant par la Riviera. Ils ont tout - amour, beauté, argent, célébrité - et le monde leur appartient.
Mais tous deux fragiles et instables, ils se déchirent et se détruisent lentement pour sombrer. Lui dans l'alcool, elle dans la folie.
Il a souvent été écrit que Scott Fitzgerald s'était beaucoup inspiré de sa femme - et peut-être même de ses écrits - pour camper les héroines de ses romans.
Gilles Leroy a choisi de rendre un bel hommage à Zelda en écrivant la biographie fictive de cette femme cannibalisée par un mari qui l'aurait plagiée et détruite. Il nous entraîne dans la relation passionnelle de Scott et Zelda qui se sont aimés rageusement avant de sombrer dans un naufrage.
Il mêle la réalité et le fictif avec une tendresse particulière pour Zelda, personnage attachant, et peut-être peut-on lui reprocher de n'avoir aucune indulgence pour Scott Fitzgerald. Mais nous ne saurons vraisemblablement jamais quelle était la vérité de ces amants terribles qui ne pouvaient pas plus vivre l'un avec l'autre que l'un sans l'autre.
Quoiqu'il en soit, ce livre reste un beau roman, plein de souffle, et il a d'ailleurs été couronné par le prix Goncourt en 2007.
Aussi bien comme personnes que comme écrivains, les Fitzgerald étaient complices. Fitzgerald recopiait les lettres et les journaux de Zelda, pour les insérer en cachette dans L’Envers du Paradis, Les Heureux et les Damnés et Tendre est la Nuit ; il lui soumettait, page après page, ses récits et ses romans ; et, quand il ne parvenait pas à voir les personnages de Gatsby le Magnifique, sa femme les dessinait encore et encore, à s’en faire mal aux doigts, essayant de capturer les images qui fuyaient la plume de son mari. Ils étaient une même personne, avec deux cœurs et deux têtes ; et ces cœurs et ces têtes se tournaient passionnément l’un vers l’autre, l’une contre l’autre, jusqu’à se consumer sur un seul bûcher. »
(Pietro Citati - "la mort du papillon)