Accueillir chaque voyage, dépouillée de toutes certitudes, pour vivre au plus près chaque instant et essayer de prolonger le lien par l'image et l'écriture.
Par chicha
Stone Town, ce sont aussi les familles qui se promènent le long du port, le restaurant-dhow ancré au large, les femmes voilées dans des tissus de couleurs vives (les bui-bui), qui côtoient les hommes dans leur longue galabieh de coton blanc, les chauffeurs de taxi à la recherche d'une course et qui nous hèlent au passage, les joueurs de domino et de cet étrange jeu de cartes qui me rappelle la belote bridgée de mon enfance, les foulards à l'effigie
d'Oussama Ben Laden vendus sur le marché, le gamin qui crache lorsque je passe en short, les longues cohortes d'enfants qui se rendent à l'école coranique, la gentillesse et le sourire de tous ceux qui voudraient dialoguer et qui me font regretter de ne pas savoir parler le swahili, les rires qui fusent sans raison...
La musique taarab dansante et langoureuse envahit les rues.

Le taarab, ce sont de longs poèmes musicaux accompagnés par des instruments tels que l'oud, le qanoun, le violon, l'accordéon... On y retrouve des traces de l'influence arabe mais aussi des sonorités de l'Inde, de l'Afrique et même de l'Europe.

En périphérie de Stone Town, du palais Maruhubi il ne reste plus que des ruines.
Le sultan Saïd Bargash y retenait les belles qu'il faisait enlever en ville pour les offrir à l'amusement de ses hôtes. Leur seul espoir était de tomber enceintes puisqu'elles étaient alors chassées. Ce serait le propre frère du sultan, écoeuré par ces pratiques, qui aurait mis le feu au palais après avoir libéré les femmes.

A l'est de Stone Town ,le marché de Mkwerekwe est étourdissant de cris, d'odeurs et de couleurs.
( à suivre )
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