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Accueillir chaque voyage, dépouillée de toutes certitudes, pour vivre au plus près chaque instant et essayer de prolonger le lien par l'image et l'écriture.

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La douleur

La douleur
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film de Emmanuel Finkiel

avec Mélanie Thierry - Benjamin Biolay - Benoît Magimel

 

Marguerite Duras épouse Robert Antelme en 1939 et durant la guerre ils s'engagent tous deux dans la résistance. Le 1 juillet, Antelme est arrêté et déporté à Buchenwald. Après la fin de la guerre, c'est François Mitterand (Morland dans le film) qui, usant de sa notoriété, va chercher Antelme dans l'enfer des camps, réussissant à le faire sortir de l'infirmerie où il était en quarantaine. "Il devait peser 37 ou 38 kilos : l'os, la peau, les intestins, la cervelle, le poumon tout compris. 38 kilos répartis sur un corps d'un mètre soixante-dix-huit" écrira Marguerite Duras.

Marguerite Duras s'occupe d'Antelme et écrit La Douleur, un beau livre dans lequel elle retrace l'attente de son mari déporté et son retour des camps dans un style véhément, âpre, violent et douloureux.

synopsis

"Juin 1944, la France est toujours sous l'Occupation allemande. L'écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse, Marguerite, écrivain et résistante est tiraillée par l'angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l'épreuve d'une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l'aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d'une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris."

L'adaptation cinématographique d'Emmanuel Finkiel est une belle réussite. 

Le contexte de guerre est évoqué avec beaucoup de pudeur et le réalisateur ne s'attarde ni sur les souffrances la population pendant la guerre, ni sur les tortures subies par les résistants, ni même sur la déchéance physique d'Antelme à son retour des camps : on aperçoit à peine le corps du mort-vivant dans les bras de ses compagnons tel que le voit Marguerite à travers les rideaux de la fenêtre. Il saisit les émois intérieurs des personnages et s'attarde longuement sur le visage nu, sans fards de Mélanie Thierry - admirable interprète -. Elle exprime toujours avec justesse la contradiction et la violence des émotions qu'elle éprouve, la douleur, la peur, la honte, la colère... sans ambiguïté, sans concession. 

Les interprétations masculines sont, elles aussi, sobres et élégantes. Benjamin Biolay est impeccable dans le rôle de  Dyonis Mascolo et Benoît Magimel apporte à  Pierre Rabier, inspecteur collabo, une douceur trouble et manipulatrice.

Un beau film qui donne envie de se replonger dans l'oeuvre de Marguerite Duras.

La douleur
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