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Un peu d'histoire avant de vous entraîner dans la visite du site...
Blottie entre les canyons érodés des vallées du sud, non loin du désert, la cité antique de Petra, a été habitée depuis la préhistoire. Carrefour important entre l'Arabie, l'Égypte et la Phénicie elle était la capitale des Nabatéens, peuple commerçant qui, à partir du VIè siècle avant J.-C., domina la région jusqu'à l'arrivée des Romains.
Sculptée dans la roche, secrètement cachée à l'abri des montagnes, dans un dédale de failles granitiques, à l'intérieur d'un cirque de montagnes percé de couloirs et de défilés, Petra est un site archéologique des plus célèbres, où se mêlent les influences de traditions orientales anciennes et de l'architecture hellénistique.
Les extraordinaires couleurs du site qui sont dues à la présence d’oxydes métalliques piégés dans les grès : oxyde de fer pour les couleurs rouges ou jaunes, de cuivre ou de cobalt pour le bleu, de soufre pour l’ocre, de noir pour le manganèse… constituent de véritables tableaux
Une inscription nabatéenne trouvée à l'entrée du Siq semble d'ailleurs indiquer que le nom sémitique de Pétra était "reqem", qui renvoie au caractère multicolore des blocs de grès. Les blancs, les mauves, les stries ocre embellissent celle que l'on nomme la "cité de grès rose", et lui donnent une atmosphère étonnamment vivante, comme si elle avait su garder, mystérieusement, le secret de la route des caravanes.
Les Nabatéens sculptèrent dans les montagnes de grès dont les couleurs varient selon la lumière du jour des temples et des tombeaux aux façades impressionnantes .
Grâce à un système de distribution d'eau très avancé, la cité était une véritable oasis artificielle. Aujourd’hui, des vestiges de ces installations sont encore visibles.
Les Nabatéens
Ce peuple arabe s'établit au sud de la Jordanie, il y a 2 000 ans, et choisit ce poste stratégique en retrait pour dominer les routes commerciales de l'ancienne Arabie. La ville qu'ils bâtirent était admirée pour sa culture raffinée, son architecture massive et son ingénieux réseau de barrages et de canaux.
Toutefois, l'influence et la prospérité grandissantes de Petra furent perçues comme une menace par Rome, qui annexa le royaume Nabatéen à la province romaine en l'an 106 après J.C.
Invisible, tapie dans son canyon, Pétra disparut totalement de la circulation pendant plusieurs centaines d'années
Des siècles plus tard, un certain Johann Burckardt entendit parler de Pétra alors qu'il était sur le chemin de la Mecque. Cet aventurier suisse voulut croire à l'existence de cette fabuleuse cité disparue et réussit à convaincre les bédouins de l'y accompagner. Il est, en 1812, le premier occidental, depuis le départ des croisés, à parcourir le défilé du Siq et à découvrir la sublime façade du Khazneh.
Il faudra toutefois attendre 1924 pour que les premières fouilles archéologiques soient entreprises, et 1985, pour que le site soit classé Patrimoine Mondial par l'Unesco.
Aujourd’hui, les archéologues n’ont encore fouillé que le 1/10è du site.
« A moins que tu n’y viennes, tu ne sauras jamais à quoi ressemble Petra. Sache seulement que tant que tu ne l’auras pas vu, tu n’auras pas la plus petite idée de la beauté que peut revêtir un lieu » (T.E Lawrence alias Lawrence d'Arabie)