Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 12:18

Granada
 

"Granada, véritable trésor colonial est la ville la plus ancienne du continent américain. La plus conservatrice aussi et celle qui le moins souffert des combats entre les sandinistes et les partisans de Somoza"




Au centre ville, quelques belles maisons de style colonial superbement entretenues et, sur les trottoirs des  ruelles proches, une flopée de petits marchands miséreux, de drogués et de prostituées.






Granada, c'est aussi ce centre de détention de petits délinquants et grands bandits. 600 prisonniers, hommes et femmes, surveillés par 100 gardes. Certains sont enfermés dans les bâtiments derrière les barbelés. D'autres, courbés sur leur machette, coupent l'herbe sous l'oeil vigilant des gardes.

Nous ne nous attardons pas ici. Il reste 2 jours avant le départ pour la France mais nous en avons assez vu de ce pays. Retour à Managua.
Adieu Nicaragua. 


Repost 0
Published by chicha - dans nicaragua
commenter cet article
20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 21:54

 

Ometepe
 

La route est longue et chaotique pour rejoindre Rivas, au sud du pays. Des étendues sèches, la pauvreté et cette résignation triste dans les regards.

A Rivas, petite ville sans intérêt, nous prenons le ferry pour rejoindre la plus grande île du monde située sur un lac : Ometepe.

La lave, en jaillissant de deux volcans a autrefois créé un isthme qui les a réunis, faisant d'eux une seule île.

Au fur et à mesure que le ferry avance, nous voyons s'approcher les deux volcans de l'île : Madera et le cône parfait de Concepcion.

Nous débarquons à Moyogalpa et traversons toute l'île, d'ouest en est, pour rejoindre l'hôtel "villa paraiso" dans l'isthme de Santo Domingo.

La route n'est qu'un chemin de caillasse et de poussière. La voiture s'écorche le ventre sur les rebords des profondes ornières. 1 h 30 de route pour 25 kilomètres. Un parcours de combattant pour mériter villa paraiso.

Le lac ,qui ressemble à une mer.

Les urracas qui se perchent dans les arbres près de la case. Les hérons qui guettent impassibles, les poissons à attraper. Les sopilotes qui tournoient dans le ciel. Les zanates et le perroquet de l'hôtel...

Ici, on ne perçoit pas la violence sourde qui nous imprègne depuis que nous avons atterri.

Un lieu apaisant où l'âme cicatrise.

Les habitants sont souriants et ne semblent pas misérables. Des cultures, des cochons, des poules et, chaque soir, la pêche aux "sardinas" dans de grands tissus blancs.

Ometepe, c'est aussi la rencontre de Graciela l'Argentine qui nous aborde pour le plaisir de parler français.

Superbe et admirable Graciela. Mondialiste écologiste; révolutionnaire pacifiste, féministe engagée... Son immersion dans le monde agricole des femmes. Son combat quotidien malgré la lassitude d'une conscience politique lucide et aigüe. Son rire fêlé par la désespérance.

Et Karine, autrichienne nationalisée nicaraguayenne puisque c'est ici qu'elle a décidé de mener sa lutte. Aussi pauvre et exploitée que les Nicaraguayennes.

 

Repost 0
Published by chicha - dans nicaragua
commenter cet article
14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 17:28



Managua

Dès que nous franchissons la porte de l'aéroport, Managua nous englue dans sa moiteur. Douze kilomètres dans la nuit glauque jusqu'à l'hôtel, toutes vitres fermées. Les coups de klaxon. Les bidonvilles. Les gamins qui s'agglutinent autour des voitures à chaque feu rouge pour vendre des petits bricks d'eau, des journaux, des oranges épluchées, des cigarettes à l'unité...

Dès le lendemain, nous errons dans les rues sans nom de cette capitale (pas véritablement reconstruite depuis le tremblement de terre de 1972) jusque sur les berges du lac Xolotan, une des plus grandes réserves d'eau douce du monde.

"Située au bord du lac Xolotian, Managua est une ville active, en constante évolution... Ses nombreux monuments... Ses lagunes... ses sites archéologiques... A la tombée du jour, découvrez le nouveau centre administratif tout en profitant de la brise fraîche du lac..." 
 

Les bords du lac n'ont rien d'idyllique ! Mais les panneaux publicitaires offrent cyniquement la solution "Jouis de la vie... bois coca-cola".

Châleur, crasse, misère, violence latente, invisible mais perceptible. "Il ne faut pas trop s'éloigner du centre et se promener comme çà dans les rues. C'est dangereux" nous prévient le chauffeur de taxi.

Nous cherchons en vain le centre ville.


Peut-être est-il symbolisé par cette étrange construction moderne, curieux compromis entre une mosquée et une centrale nucléaire : la cathédrale signalée par une banderole estampillée "Pepsi cola" !


 

 





Corn Island

Il n'y a pas de route qui permet d'accéder à la côte est du pays et le survol en avion permet de découvrir de superbes chaînes montagneuses et de grands champs circulaires avant l'atterrissage à Big Corn Island. De là, nous prenons rapidement la mer pour Little Corn Island.

"No cars. No phones. No jetskis. No TV. No movie stars. No cocktail umbrellas". C'est la devise de "casa iguana" où nous avons posé nos sacs pour quelques jours, dans une cabane abritée par les arbres.


La mer, le promenades, les langoustes mangées sur la plage... détente !

Une longue plage de sable fin et blanc, bordée de palmiers, une végétation exubérante, une eau cristalline font de cet endroit un ilôt de sérénité.

Mais la violence nicaraguayenne surgit de nouveau. Le regard hébété de ceux qui fuient la réalité dans la drogue... Les enfants en haillons que nous croisons au bout de l'île et qui se baignent avec leur cochon dans la mer...
le pêcheur qui ne sait pas exactement combien d'enfants il a (une vingtaine, pense-t-il) puisque, au-delà de son épouse officielle, il "visite" d'autres femmes (au Nicaragua, 80 % des femmes auraient été victimes de viol(s)... les Suédoises de l'ONG de Chinandega qui nous parlent de leur travail auprès des enfants dans ce pays de violence... et puis ce jeune, hoquetant, qui nous croise en courant sur la jetée du port, la joue entaillée et le sang coulant sur son visage et son tee-shirt...Les îliens le regardent passer dan une totale indifférence :"bof!... C'est un Indien de Bluefields... Ils se sont battus avec des tessons de bouteilles" dit le pêcheur à qui nous demandons ce qui s'est passé
.
 

 

Matagalpa & Jinotega
 

"Vous serez éblouis par les nombreuses plantations de café et de tabac... Laissez vous séduire par la beauté des villages..."

 

Après avoir loué une voiture, nous prenons la direction de Matagalpa. Autrefois grand centre économique, c'est une région de montagnes couverte de forêts et de plantations de café.

Matagalpa avec ses cases en tôle ondulée, rouillée, accrochées aux collines, ses rues poussiéreuses ne nous retient pas et nous poursuivons quelques kilomètres  pour faire halte dans la selva negra.


La Selva negra, c'est une grande forêt qui s'étend sur les montagnes au nord de Matagalpa. La terre semble riche. Mais si certaines plantations de café sont prospères, un certain nombre d'entre elles sont en vente ou en friche.

Comment serait-il possible de les faire vivre quand les nantis préfèrent placer leurs capitaux à l'étranger ? Quand le quintal de café se vend 50 dollars ? 

Nous nous arrêtons dans une belle propriété. Des arbres superbes, un lac artificiel. Ecureuils, sopilotes qui tournoient dans le ciel, zanates que nous écoutons chanter dans le parfum des grains de café qui sèchent au soleil.

Cet hôtel, c'est aussi la rencontre de Ricardo Pasos, l'écrivain philosophe ambassadeur, heureux de parler français. Bien que faisant partie de la classe des privilégiés, il nous donne, lui aussi, une vision désenchantée de son pays.

Et il nous offre l'un de ses livres, "el burdel de las Piedrarias", une nouvelle historique dans laquelle il relate, de manière impitoyable, les premiers temps de la colonisation de son pays par les Espagnols. C'est sans doute dès cette époque qu'ont été mises en place les fondations de la société nicaraguayenne d'aujourd'hui, violente, déchirée, injuste...





Plus au nord, la ville de Jinotega. Avec les tapis de grains de café qui sèchent sur le pas des portes, le marché du dimanche totalement hétéroclite... et cette maison couverte de dessins. La maison de Luis, ex-combattant sandiniste, peintre, homme de théâtre et de radio, clown... Luis qui nous invite à partager son repas : une assiette de riz-poulet avec un café délicieusement parfumé au cacao. Et, en prime, un verre de chicha - fabrication maison - en mon honneur.





Luis qui nous parle de la vie. De sa vie de Nicaraguayen : son séjour d'études en Russie où il a découvert le racisme, son combat de sandiniste, son appartenance aux Rose-croix, ses croyances mayas, son idéal de paix, son rêve d'un canal qui relierait le Pacifique à l'Atlantique en traversant le Nicaragua, la drogue, les vivres périmées et contaminées généreusement envoyées par la Russie, l'étranglement de l'économie par les Américains...

 

      (à suivre...)

Repost 0
Published by chicha - dans nicaragua
commenter cet article
14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 16:21




Avec 130 000 km2, dont 9 240 occupés par les lacs, le Nicaragua est le plus vaste pays d'Amérique centrale et il compte environ 6 000 000 d'habitants, dont 90 % sont de religion catholique. Limitrophe du Costa Rica au sud et du Honduras au nord, il est bordé par l'océan Pacifique et la mer des Caraïbes et recouvert sur 1/3 de sa surface environ par deux grands lacs, à l'Ouest : le lac Nicaragua et le lac de Managua dont émergent des îles volcaniques.


selon les prospectus 

"Nicaragua, terre de lacs et de volcans, de contrastes où histoire, culture et nature ne font qu'un...

Nicaragua, pays enchanteur qui, par ses beautés et la richesse de son peuple, séduira tous ceux qui s'y rendront...

De plus, le pays possède un réseau routier de bonne qualité qui relie Managua aux autres capitales centro-américaines...

Venez visiter les églises, maisons et monuments de ces superbes cités coloniales où le temps semble s'être arrêté...

Le Nicaragua est un pays en pleine croissance qui bénéficie de grandes possibilités de développement et de ressources touristiques qui en font l'endroit idéal pour les investisseurs...

Démocratie, paix et tranquillité sont trois facteurs qui se conjuguent harmonieusement pour illustrer ce que l'on commence à définir comme le mode de vie nicaraguayen".

et selon la revue de l'Université centro-américaine

 

"Les peuples latino-américains pourront-ils affronter l'esprit rétrograde qui pousse la zone de libre commerce des Amériques, le traité interaméricain d'assistance réciproque, la charte démocratique de la OEA et le plan Colombia à chercher à les transformer en un gigantesque Afghanistan ?

Privés de souveraineté politique, les gouvernements d'Amérique latine ont démontré, à l'exception de Cuba, une totale désorientation...

Les prises de position des Etats Unis dans les campagnes électorales du Nicaragua constituent une ingérence ouverte dans la politique intérieure de l'un des pays les plus pauvres du continent.

50 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté...  Le gouvernement pourra-t-il mettre fin aux gaspillages, aux méga-salaires, au népotisme, à l'immunité-impunité, à l'irrespect des lois, à la corruption institutionnalisée, aux violences...?


(à suivre...) 

 

 

Repost 0
Published by chicha - dans nicaragua
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de chicha
  • Le blog de chicha
  • : Accueillir chaque voyage, dépouillée de toutes certitudes, pour vivre au plus près chaque instant et essayer de prolonger le lien par l'image et l'écriture.
  • Contact

Texte Libre

Recherche