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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 15:04

 

 

krauze4-copie

 

Un homme portant costume et cravate se présenta un jour dans un village.

Il annonça, à qui voulait l'entendre, qu'il achèterait cash, 100 euros l'unité, tous les ânes qu'on lui proposerait. Le prix étant intéressant, un certain nombre de paysans vendirent leurs ânes.

L'homme revint le lendemain et offrit 150 euros par tête. Une grande partie des habitants vendirent leurs bêtes. Le jour suivant, il offrit 300 euros et ceux qui ne l'avaient pa encore fait vendirent leurs ânes. Constatant qu'il n'en restait plus un seul, il fit savoir qu'il reviendrait dans huit jours acheter d'autres ânes   qu'il paierait 500 euros.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu'il venait d'acheter et l'envoya dans ce même village avec ordre de revendre les ânes 400 euros l'unité. Devant la possibilité de faire un bénéfice de 100 euros dès la semaine suivante, tous les villageois empruntèrent pour racheter leurs ânes (quatre fois le prix qu'ils les avaient vendus, pour certains).

Comme il fallait s'y attendre, les deux hommes d'affaires s'en allèrent prendre des vacances dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent endettés, voire ruinés, avec des ânes devenus invendables. Ils tentèrent de les revendre, de les brader, pour rembourser leurs emprunts. Le cours de l'âne s'effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci s'en alla pourtant pleurer auprès du maire en expliquant que, s'il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l'argent aux habitants du village pour qu'ils paient leurs dettes, le donna au banquier qui était sans doute de ses amis. Ce dernier, après avoir rétabli sa trésorerie, ne tira pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent en situation de surendettement.

Voyant sa note en passe d'être dégradée et pris à la gorge par les taux d'intérêts, la commune demanda l'aide des communes voisines mais ces dernières ne purent l'aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés, et "désintéressés", du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d'argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale, etc. On repoussa l'âge de départ à la retraite, on supprima des postes d'employés communaux, on baissa les salaires et, parallèlement, on augmenta les impôts... C'était, dit-on, inévitable. Mais... on promit de moraliser le scandaleux commerce des ânes.

Le banquier et les deux escrocs, eux, vivent ensemble sur une île qu'ils ont achetée dans les Bermudes. On les appelle les frères Marchés. Ils ont généreusement promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.

 

Mais l'histoire n'est pas finie : que firent les villageois ? Et vous, qu'auriez-vous fait à leur place ? Que ferez-vous ?

 

Samedi 15 octobre : journée internationale des indignés

 

 




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Published by chicha - dans regard
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